« La mécanique des fluides » – Lidia Yuknavitch, ed Denoël

fluidesVoici un livre saisissant. Un témoignage passionnant et poignant.

Nageuse depuis toute petite et espoir pour les Jeux olympiques, Lidia cherche à tout prix à échapper à un univers familial malsain et oppressant, entre un père abusif et alcoolique et une mère dépressive et suicidaire. Elle accepte une bourse sportive pour entrer dans une université au Texas. Mais, renvoyée de l’université pour avoir consommé des drogues et de l’alcool, Lidia décide de participer au projet d’écriture de Ken Kesey (l’auteur culte de Vol au-dessus d’un nid de coucou) car, elle en est convaincue, l’écriture est sa vocation, plus que ça, son salut. Cependant, alcool et substances illicites continuent de couler à flots, tandis que la jeune femme se découvre bisexuelle et fait l’expérience du S&M. Lidia parvient finalement à chasser le chaos de ses années de jeunesse grâce à l’amour de son mari et de son fils, mais aussi grâce à la consécration de son travail d’écrivain.
Oui, c’est vrai, ce résumé n’épargne ni le lecteur, ni son auteur. Mais c’est un livre d’une profonde humanité. Pour avoir personnellement rencontré Lidia Yuknavitch, je peux témoigner de ses yeux bleus pétillants, de son appétit de vivre, de sa gentillesse, de sa disponibilité aux autres, et de sa passion pour l’écriture (et aussi la natation, car elle continue à nager trois fois par semaine !).
Une dernière ligne sur l’écriture, le style de ce livre : si vous avez envie d’écrire, si vous avez vous-même suivi des ateliers d’écriture, vous pourrez puiser dans « La mécanique des fluides » beaucoup d’inspiration dans les techniques stylistiques. Alors, bonne lecture, et, peut-être, bonne écriture.